samedi 18 mars 2017

"The Voice" : seule la voix compte ?




Depuis quelques semaines, l’émission phare de TF1 est revenue sur nos écrans. Comme chaque année, les audiences sont un succès. Les clés de la réussite : un concept novateur (le jeu des sièges est révolutionnaire), un jury compétent et télégénique, et des voix… Ici, pas de casserole : que des grandes voix.

Cependant, « The Voice », programme international, était surtout connu pour ne jamais lancer de carrière. Aucun « talent » n’avait connu le succès à travers le monde. Sauf en France… Depuis son lancement, l’émission a révélé Louane, Kendji Girac, Slimane, Luc Argobast, les Frero Delavega, Amir ou encore Claudio Capéo. Aujourd’hui, ces artistes ont vendu des millions d’albums, rempli des zénith ou même gagné des récompenses (NRJ Awards, César, ...). L’objectif de « The Voice » est de repérer les futurs artistes en ne les jugeant que sur leurs voix… Tout du moins, au début de l’émission puisque, plus tard, les choix peuvent se faire sur d’autres critères…

Un artiste peut-il être qu’un bon interprète ?


Nikos Aliagas, l’animateur de l’émission aime répéter que « seule la voix compte ». Est-ce vraiment le cas ? Peut-on faire carrière dans la musique, et plus particulièrement, dans l’univers de la pop actuelle en ayant qu’une « belle voix » ?

Aujourd’hui, il semble difficile pour un artiste de n’être qu’un « bon chanteur » pour réussir dans l’industrie musicale. Est ce que les Katy Perry, Rihanna ou Shakira auraient le même succès si elles avaient eu le physique moins avantageux de Susan Boyle ? Et inversement, Susan Boyle aurait-elle eu plus de succès si elle avait eu la plastique de ces « pop stars » ? Bien sûr, on peut aussi se dire que l’artiste britannique n’a pas eu la chance d’avoir les mêmes compositions que ses consoeurs américaines. Il y a, aussi, les exceptions telle que Adèle qui ne rentre pas dans les canons de la beauté actuelle mais quelle voix...

En France, la réalité n’est pas aussi forte qu’aux Etats-Unis où l’image est plus importante. Beaucoup de nos chanteurs ou chanteuses ont (ou ont eu) un physique avantageux et ce, depuis le début de l’industrie musicale (années 60) : Johnny Hallyday, Claude Francois, Sylvie Vartan, Mike Brant, Marc Lavoine, Patrick Bruel, Nolwenn Leroy, ou encore Matt Pokora pour ne citer qu’eux. Tous ces artistes, bien qu’ayant de grands talents artistiques, sont aussi connus pour leur plastique. Est-ce que Matt Pokora aurait le même succès s’il avait eu le physique de Gérard Jugnot ? 


L’exception culturelle française


Evidemment, dans notre pays, nous avons également connu des artistes à succès qui n’étaient pas taillés pour les défilés de mode tels que Charles Aznavour, Edith Piaf, Georges Brassens, Francis Cabrel, ou encore Alain Souchon. Ces grands artistes ont misé sur d’autres atouts : leur écriture, leur voix ou encore leur personnalité. Il est évident qu’un chanteur au physique avantageux peut avoir aussi des qualités artistiques. D’ailleurs, les « artistes » qui ont tout misé sur leur physique restent rarement sur le devant de la scène sur la longueur. Dans cette catégorie, on peut penser aux boys-bands français des années 90, par exemple, qui étaient plus connus pour leurs abdos que leurs prouesses vocales (à la différence des groupes anglophones qui avaient les deux). 

L'exemple de Céline Dion est aussi remarquable. L'artiste Québécoise est, on le sait, une des plus grandes interprètes au monde. Elle pourrait chanter le bottin téléphonique (qui n'existe plus d'ailleurs...) que ce serait un succès! Pour conquérir le monde, son mari, René Angélil, l'avait complètement relookée (opérations dentaires, changement de coupe de cheveux et de vêtements). Pourrait-on imaginer Céline Dion interpréter "My Heart Will Go On" avec son physique des années 80 ?

Oui, le physique compte forcément, surtout dans notre société. Cependant, en France, il ne suffit pas. Il semble impossible dans notre pays d’avoir un chanteur ou une chanteuse faire une grande carrière en réalisant des concerts entièrement en playback et misant tout sur des artifices (physique, danse, …). Certains artistes américains n’auraient pas la même carrière dans notre pays s’ils étaient français… En France, le temps fera toujours son travail et laissera les imposteurs sur le bord de la route : « la beauté est éphémère » mais la voix est éternelle… 


dimanche 5 mars 2017

Ed Sheeran, un homme en or !



Il y a quelques jours, Ed Sheeran a publié son nouvel opus intitulé « Divide ». Premier des ventes dans le monde, records battus sur Spotify : rien ne résiste à l’artiste Britannique.

La pop music est un cycle : chaque décennie un artiste apparaît sur la scène internationale et devient celui que rien n’arrête, celui qui devient l’idole du moment. Cette période, un état de grâce, permet à la star de devenir le numéro 1 et celui que tout le monde s’arrache.

Sur les dernières années en France, on peut penser à des artistes tels que Pascal Obispo, Gérald de Palmas, Calogero, ou encore Raphaël. Quant à Vianney, il peut devenir celui des prochaines années… Aux Etats-Unis, ce rôle est généralement joué par un producteur : Timbaland, Pharrell Williams ou encore Max Martin (on reviendra sur ce phénomène prochainement) sont passés par le stade « Songmaker du moment ». En Angleterre, sur les dernières années, ces artistes qui ont été dans cet état de grâce ont été Robbie Williams, James Blunt, les One Direction et aujourd’hui… Ed Sheeran !

Comment est-il devenu un artiste incontournable ?


L’artiste anglais s’est installé doucement mais sûrement sur le toit du monde de la pop music. Tout d’abord, avec un premier album et le titre « The A Team » qui ont fait découvrir son style si particulier : mélange de pop, folklore irlandais et de hip-hop. Puis est arrivé le raz de marée… Que dis-je, un tsunami ? Son second opus porté par « Sing », « Photograph » et bien évidemment « Thinking Out Loud ». Ce titre (et son magnifique clip chorégraphié) a ravagé les coeurs et fait aujourd’hui le bonheur des mariages partout dans le monde. Cette ballade intimiste a, d’ailleurs, séduit les Charts du monde entier.

Découvrez sa prestation lors du « Rock In Rio 2015 » :



Avant de publier « Divide », Ed Sheeran a prêté sa plume à Taylor Swift (« Everything has Changed »), aux One Direction (« Little Things »), Justin Bieber (« Love Yourself »), à la bande originale de la série « Sons Of Anarchy (« Make It Rain »), Robbie Williams (« Pretty Woman »), ou encore James Blunt (« Make Me Better »). L’artiste est devenu un « hit maker ».

Que vaut son dernier album, « Divide » ?


Les fans de la première heure ne seront pas déçus par ce nouvel opus puisqu’on y retrouve tous les ingrédients d’un excellent Ed Sheeran : la guitare, le flow hip hop, la musique celte, les ballades pour faire chavirer les foules. D’ailleurs le titre « Perfect » pourrait devenir un nouveau tube romantique incontournable pour déclarer son amour lors des mariages. Afin de contredire les mauvaises langues qui auraient pu dire que l’artiste se reposait sur ses lauriers en ne faisant que ce qu’il savait faire, Ed Sheeran est sorti de sa zone de confort. AInsi, il s’est essayé à de nouvelles sonorités : blues (« Dive »), latines (« Barcelona »), ou encore la world music (« Bibia Be Ye Ye »). 


Ed Sheeran qui est, actuellement, le meilleur artiste de la scène pop (comme en témoigne, encore, sa tournée mondiale sold-out), risque de l’être, encore, pendant quelques années tant son nouvel album impose tout son talent. Sa bonne humeur, sa simplicité, son talent, son look (le rouquin tatoué), ont conquis le public. Que l’artiste profite de ces moments ! En attendant le suivant, Ed Sheeran est le « Roi de la Pop » ! 

mardi 7 février 2017

Lady Gaga a enflammé le Super Bowl !




Dans la nuit de dimanche à lundi s’est déroulé l’événement sportif le plus regardé au monde : le Superbowl ! La finale du championnat de football américain (NFL) opposait les Patriots de New England contre Atlanta. Tom Brady, le Quaterback des Patriots a été le héros du match en offrant la victoire à son équipe. Cependant, ce ne fut pas le seul événement de la soirée… 

En effet, comme le veut la tradition, le show se déroule pendant le match mais aussi pendant la mi-temps… Les annonceurs paient chèrement leur place pour dévoiler leurs pubs événements et les bandes annonces des Blockbuster des prochains mois (cette année : « Pirates des Caraibes », « Transformers », « Baywatch » ou encore  la série « Stranger Things »).  Et bien sûr, le spectacle se déroule aussi sur la pelouse avec le célèbre concert de la mi-temps : cette année, la superstar Lady Gaga a eu les faveurs des organisateurs.

Un peu d'histoire...


Depuis le premier Superbowl (en 1966), il est coutume que la mi-temps soit dédiée à la musique. D’abord, monopolisée par les fanfares, il faut attendre les années 90 avec les New Kids On The Block pour voir la pop music entrer dans la légende de l’événement. La mi-temps sponsorisée par Pepsi (oui, le marketing n’est jamais loin…) devient le terrain de jeu des plus grandes stars de la musique anglo-saxone : Michael Jackson, Phil Collins, Aerosmith, Britney Spears, Shania Twain, Céline Dion, Justin Timberlake, Paul McCartney, The Rolling Stones, Prince, Bruce Springsteen, Madonna, Beyoncé, Bruno Mars, Katy Perry,… La liste non-exhaustive des artistes est impressionnante. Aujourd’hui, les stars se battent pour être l’élu (sauf Adèle, qui aurait refusé la proposition) : il faut dire que l’audience est sans comparaison (plusieurs centaines de millions de téléspectateurs dans le monde). 

Cette année, Lady Gaga a fait le show et sa prestation a été récompensée par des critiques élogieuses et des ventes d’albums (son dernier opus « Joanne ») qui se sont envolées dans les Charts. L’interprète de « Poker Face » en a même profité pour faire passer plusieurs messages. Le premier sur la tolérance qu’elle a toujours prônée (petite attaque à Donald Trump). Le second est, pour le moment, un peu plus flou... Il serait pour la France: les paroles de « Bad Romance », « I Don’t Want To Be Friends » sont devenues « I Don’t Want To Be French »… Vraie déclaration ou simple lapsus alors que ses relations avec notre pays et notre langue ont toujours été au beau fixe ? D'ailleurs, après la démonstration de son talent (scénique et vocal), Lady Gaga en a profité pour annoncer une tournée mondiale qui passera par notre beau pays... 




A qui le tour ?


Quoi qu'il en soit, le show fut une réussite et l’organisation pense déjà à celui de l’année prochaine. Un sondage est en ligne pour connaître l’opinion du public. A l’heure actuelle, les trois leaders du classement sont les groupes Twenty One Pilots, Bon Jovi et Queen. D’après le virage pop pris ces dernières années, on peut s’attendre, plutôt, à y voir une Rihanna ou une Taylor Swift… Réponse dans moins d’un an ! 

PS : vous pouvez participer au vote ci-dessous. Sachez que les résultats n’ont aucune incidence sur le choix de l’heureux élu.


mercredi 1 février 2017

"La La Land", la magie musicale




C’est le film dont on parle en ce moment et qui met (presque) tout le monde d’accord. La comédie musicale américaine « La La land » qui, met en scène, Ryan Gosling et Emma Stone est un succès dans les salles obscures, dans les bacs des disquaires et, bien sûr, dans les prestigieuses compétitions que sont les « Golden Globes » et les Oscars.

Pourquoi un tel succès ?


Tout d’abord, ce film fait du bien. Et par les temps qui courent, on ne peut qu’apprécier autant de légèreté, autant d’insouciance et de rêverie. Ce « feel good movie » est intense, rempli de belles émotions et débordant d’énergie. Réaliser une comédie musicale était un pari dangereux pour le réalisateur Damien Chazelle : comment éviter d’être kitsch et ridicule ? Et bien… Le pari est gagné puisque « La La Land » est bien plus qu’une réussite. On n’est pas loin d’une oeuvre culte !

Le film est un hommage à ses modèles tels que « Singin’ In The Rain », « Un Américain à Paris » ou même « Grease » : il tient même la comparaison. Au delà de la réalisation contemporaine de Chazelle, deux éléments (et non des moindres) hissent le niveau du film : les acteurs et les chansons. Ryan Gosling, Emma Stone (et John Legend), sont excellents et frisent même le génie. Pour ceux qui ne le savent pas, ce n’est pas la première fois que Ryan Gosling pousse la chansonnette : il a fait partie des talents du « Mickey Mouse Club » aux côtés de Britney Spears, Justin Timberlake et Chistina Aguilera. Quelle promotion ! 






Pour les besoins du film, l’acteur a également, pris des cours intensifs de piano. Son travail est récompensé car sa prestation de pianiste de jazz frôle la perfection. Quant à Emma Stone, en actrice à la conquête d’Hollywood, réussit à nous émouvoir dans ce rôle, mais également, pour sa performance de chanteuse. Son interprétation du titre « The Fools Who Dream » lors d’une audition est magnifique. L’alchimie du couple Gosling / Stone est évidente (ce n’est pas la première fois qu’ils partagent la même affiche) et leurs scènes partagées sont remplies d’émotion. Les passages de danse peuvent être drôles, tendres, et pourraient même devenir mythiques. 

Et la musique ? 


« La La Land » est une ode au jazz. « City of Stars », la chanson phare du film, n’est pas un tube, mais son interprétation en fait un titre qui, est en train, de devenir culte. Je peux vous assurer qu’à la sortie de la salle de cinéma, vous fredonnerez ce morceau. La Bande Originale (nommée aux Oscars) rend ses lettres de noblesse à la musique jazz. Tout comme le film, la musique réussit à apporter de la fraicheur et de la contemporanéité à un genre qui semblait difficile à décrasser. 




Alors qu’on pouvait s’attendre à un film kitsch, nous nous retrouvons devant une oeuvre qui devrait marquer son époque comme ont pu le faire ses illustres ainés. Le film donne envie de réaliser ses rêves, de chanter, d’écouter du jazz et de danser dans la rue. Bienvenue à  « La La La Land » ! 

mardi 24 janvier 2017

Le rap est-il l’avenir de la chanson française ?



Maitre Gims, Black M, Jul, Soprano… Depuis quelques années, ces artistes squattent les premières places des meilleures ventes d’albums, et surtout, les tops des titres les plus écoutés. Aujourd’hui, ils sont même devenus des leaders auprès des jeunes. Comment un style musical urbain est devenu la référence dans un marché en crise ?

Bien sûr, le rap n’est pas nouveau et les chefs de file français des années 90 ont aussi obtenus de beaux succès avec des groupes comme IAM, NTM, ou des artistes tels que Doc Gyneco, Somy Bugsy, Passi ou MC Solaar. La vraie différence avec les rappeurs d’aujourd’hui? Ceux des années 90 avaient moins de succès dans les bacs (et encore…) mais (surtout) plus de reconnaissance auprès des médias et des critiques. En 2017, IAM, NTM et MC Solaar sont, ainsi, devenues des légendes de la culture rap / hip hop. En sera t-il de même en 2030 pour Maitres Gims et Jul ? La question mérite d’être posée…

Les rappeurs d’aujourd’hui ne sont plus aussi « hardcore » que leurs aïeuls : leurs textes sont positifs, leur musique est faite pour danser et calibrées pour NRJ (là où les « anciens » étaient réservés aux radios plus urbaines). Récompense ultime : ils sont même parodiés (celle du Palmashow sur Maitre Gims est une réussite et un vrai succès sur youtube). Revers de la médaille les critiques s’acharnent sur eux.

Où est la chanson française ?


Les chanteurs de variété française (dans son sens le plus global) sont, aujourd’hui, placés derrière les rappeurs : M. Pokora, C. Maé, Vianney, bien qu’étant d’excellents vendeurs, sont moins écoutés sur les plateformes de streaming. Les jeunes (principales cibles des maisons de disques) écoutent donc plus Jul que Vianney. Là où dans les années 90, Patrick Bruel était beaucoup plus écouté que NTM… La tendance s’est inversée. Heureusement, les artistes de variété "grand public" écoulent toujours autant d'albums (Renaud, Céline Dion, ...).

La réponse à toutes ces questions est, certainement, que ces nouveaux rappeurs ont enfin un vrai temps de parole dans les médias grands publics : Black M chez Hanouna, Soprano au sein de la troupe des Enfoirés, par exemple. Leurs chansons pourraient être chantées par un chanteur de variété (Renaud Rebllaud, compositeur de nombreux tubes des rappeurs de la Section d’Assaut, est aussi crédité chez Kendji ou Indila) et leurs textes sans violence touchent un plus grand public. Nous sommes bien loin de la voix et des textes de Joeystarr. 

Alors, peuvent-ils vraiment être considérés comme des rappeurs ? 

Ils apportent un côté plus urbain à la chanson française avec un style et un phrasé (un flow) typique mais les rappeurs plus « violents » comme Booba, Rohff restent les vrais rappeurs de la musique en France et restent encore cloisonnés dans leur style et les médias urbains. 

La tournée de « L’âge d’or du Rap » et les retours annoncés de IAM, NTM dans les mois prochains (et celui toujours espéré de MC Solaar) devraient apporter des réponses à ce débat : des rappeurs au style plus urbain avec des textes plus matures et reconnus par les critiques et le grand public ! 

vendredi 13 janvier 2017

Mariah Carey : est-ce la fin de la diva ?



Voilà près de 30 ans que la chanteuse Américaine enchante nos oreilles et bat tous les records de vente. « Emotion », « Vision Of Love », « Hero », « One Sweet Day », « Fantasy », « All I Want For Christmas », « My All », « Heartbreaker », « We Belong Together »… La liste de ses tubes est impressionnante… Sa carrière est jalonnée de succès et de titres numéro 1 dans le monde entier.

Pourtant, depuis quelques années, la Diva est plus coutumière des tabloïds (divorce, relation avec son danseur, robes aux décolletés vertigineux, photos dans sa baignoire) que les hauteurs des Charts. Pire, depuis quelques semaines, l’interprète de « I Believe » est la star de sa propre émission de télé-réalité et sa prestation catastrophique lors du jour de l’an ne restera pas parmi ses meilleures performances…

Comment expliquer une telle chute pour l’une des plus grandes voix de l’histoire de la musique ? 


Dans les années 90, Mariah Carey était intouchable. Elle était la plus grande voix de la pop, une artiste complète reconnue également pour ses talents d’auteur-compositeur. Quand les critiques reprochaient à Mariah de ne savoir faire que des ballades (mais quelles ballades !), l’artiste dégainait « Fantasy ». Les médias la disait en concurrence avec Whitney Houston : elles réalisent un duo pour « Le Price d’Egypte » (« When You Believe »). Elle collectionnait les numéro 1 et battait les records de longévité dans les tops US (et mondiaux !).

Comment expliquer, alors, un tel revirement ? Déjà, l’artiste a voulu se défaire de son image de chanteuse de ballade et a multiplié les titres plus urbains. Son style vestimentaire aussi a changé. Finies les robes « glamours ». Pour faire face à la concurrence des nouvelles chanteuse sexy (Britney Spears, Christina Aguilera, …), Mariah sort ses atouts pour rivaliser : il est aujourd’hui difficile d’imaginer des photos de l’interprète de « Butterfly » sans un décolleté plongeant laissant découvrir sa plastique de rêve. En avait-elle besoin ? Mariah Carey était une diva. Aujourd’hui, elle est devenue une caricature d’une diva. Une caricature d’elle-même…

Pour retrouver les hauteurs des Charts (et sans parler de « All I Want For Christmas » qui cartonne chaque fin d’année), Mariah Carey doit retourner à l’essentiel : ses chansons et sa voix. Les gens l’aiment pour ça. Le public veut retrouver l’émotion de ses paroles et de ses envolées de « Hero ». Dans quelques jours, l’artiste sera, de retour, sur scène pour une tournée en compagnie d’un autre très grand artiste: Lionel Richie. De quoi préparer son grand et vrai retour ? Mariah Carey ne peut être finie : elle est la plus grande voix de l’histoire de la pop music. 

jeudi 5 janvier 2017

Entretien avec Mathieu Johann




Alors que TF1 programme, ce samedi soir, une émission hommage à Grégory Lemarchal, Mathieu Johann, ancien « camarade » et surtout ami de l’interprète de « Ecris l’histoire », nous a accordé quelques minutes de son temps afin de répondre à nos questions.

Samedi, vous serez réunis avec les anciens de la « Star Academy » pour rendre un hommage à Grégory Lemarchal, près de 10 ans après sa disparition. Comment se sont passées les retrouvailles? Que pouvez vous nous dire sur cette émission ?


Les retrouvailles sont toujours douces et tendres. Mais à chaque fois avec un goût amer : notre saison n'aura plus jamais le même parfum, la même saveur. Grégory n'est plus là. Malgré cela, il parvient, dix ans après sa disparition, à nous réunir tous. Aujourd'hui chacun trace son chemin : une à Nice, l'autre au Pays Basque, une à Toulouse, moi dans la Manche... On est toujours très excités de se revoir et de passer un moment ensemble. On est très flattés d'être invités. Nous reprendrons l'hymne, en version symphonique, gros succès en 2004 : « Laissez-moi danser ».

Quel est votre meilleur souvenir avec Grégory ?


Tout ce qu'il était est un bon souvenir. Mais le demi-finale partagée avec lui restera gravée à jamais. Un prime fatal pour moi, mais tellement positif : j'étais heureux qu'il accède à la finale, heureux qu'il gagne l'aventure. Il était humble, il était pourtant le meilleur... Largement le meilleur. On s'est quittés médiatiquement ce soir là, lui en chantant un titre de son idole Céline Dion, moi en interprétant « La Valse à Mille Temps ».

Comment expliquer l’empreinte qu’a encore Grégory sur les Français ?


Son histoire était singulière. Il a touché le cœur des français en chantant. On l'appelait le nouveau Balavoine. Les médias ont beaucoup relayé son parcours, son combat contre la maladie... Parfois jusqu'à en douter. Jusqu'au jour où l'issue a été fatale pour lui. Les français sont attachés aux artistes comme Grégory. Ils l'aimaient et l'aiment profondément. Ca durera... Ce mec est immortel dans nos têtes et dans nos cœurs…

"On se bat pour que cette maladie recule et que l'espoir grandisse"

Quelle est votre réaction face à ceux qui critiquent l’émission en déclarant que ses parents devraient le « laisser tranquille » ?


Franchement ? Je n'ai pas de temps à perdre avec ces gens.... Et les parents non plus. Et sa famille non plus. Et personne d'ailleurs. Je lis beaucoup de critiques positives. Les autres, je ne m'en occupe pas. Je ne souhaite à personne de se retrouver avec un enfant auquel on diagnostique la muco. Tout n'est que question de posture, de place : imaginez que ça leur arrive... On se bat pour que cette maladie recule et que l'espoir grandisse. On va à l’essentiel.

Parlons un peu de votre carrière. Vous avez sortis deux albums avec pour chacun une petite polémique. Le premier sur les (excellents) scores de vente dans votre ville de St-Lô, le second pour sa pochette où vous apparaissez « enceinte ». Comment avez vous vécu ces 2 moments ?


Tout est sujet à polémique, particulièrement depuis que les réseaux sociaux ont pris une place prédominante dans les médias. Le mec sur les chiottes, il a son portable en main, et plutôt que de lire une BD il donne son avis sur tout. Il insulte sous le couvert de l'anonymat. Il pense que rien n'est grave. Quand tu as ces gens en face de toi, le ton n'est plus le même. Je ne m'occupe pas des polémiques, elles arrivent aussi vite qu'elles s’oublient.

Sur le premier opus, « Le bonheur ça fait mal », figurait une très jolie chanson « La plus belle fille du monde », qui aurait dû être plus utilisée afin de promouvoir cet album. Parlez nous un peu de ce titre et de sa création.


C'est une chipée à un mec hyper talentueux qui s'appelle Hugo Renard. J'avais découvert cette chanson sur un mini EP d'Hugo, j'étais alors disquaire. C'est une des plus belles chansons d'amour qui existe... Elle aurait dû être diffusée mais les radios n'en voulaient pas. Nicolas Peyrac me dit souvent que c'est une putain de belle chanson. Suis d'accord. Mais si personne ne l'entend, c'est ben dommage !

Il y a quelques semaines, vous avez annoncé votre retour à la musique avec un nouveau titre intitulé « Parle moi d’amour ». Que pouvez vous nous dire sur ce nouvel opus (inspirations, collaborations, sortie, …) ?


Je n'ai rien annoncé vraiment. J'ai envoyé un titre sur Facebook pour voir les réactions. J'ai retrouvé Matthieu Horla, un jeune mec hyper talentueux, et on a décidé de faire de la musique ensemble. Mais tout est compliqué pour la promotion de chansons... Il y a du monde et peu de place. Je crois préférer défendre les autres les autres plutôt que moi. C'est plus facile d'ailleurs !

Chanteur, gérant d’entreprises, conseiller municipal, porte-parole de l’association « La voix de l’enfant », manager de Nicolas Peyrac, compositeur pour d’autres artistes (Annie Cordy, Marie Myriam), père de famille. C’est quoi votre secret pour être sur tous les fronts ?


Je suis un boulimique de travail. Je ne suis plus adjoint au Maire : je suis tombé sur une caricature du politique. J'ai claqué la porte. Mais je suis élu au Conseil Départemental de la Manche. Je travaille sur l'enfance, la culture... Ca me passionne. Et j'ai l'impression, parfois, d'être un OVNI dans le milieu politique. Je me sens citoyen engagé, pour mon territoire, plus que politicien. Je ne manage plus Nicolas même si je garde beaucoup d'affection pour lui : j'ai produit un bel album pour lui, avec des invités prestigieux. Un régal ! Je collabore aujourd'hui avec Nilda Fernandez, Marie Myriam, quelques talents de The Voice... Le boulot ne me fait pas peur. Tant qu'il me reste du temps pour raconter des histoires à mes deux garçons, le soir... Je continue à tenir le rythme !


Pour plus d’informations sur l’Association Grégory Lemarchal, rendez-vous sur le site officiel www.association-gregorylemarchal.org

Merci à Mathieu pour sa confiance qu’il nous a accordée.